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PERDU DANS LA FORET DE LA FALEME Qui connait le patrimoine de Sénédébou

XibarTamba, dimanche 10 août 2014

Coincé entre deux communautés rurales : Bélé dont il fait partie et Balou dans le département de Bakel, le village de Sénédébou est d’un genre tout particulier. Il est l’une des rares localités au Sénégal à être découvert officiellement en 1846 par Faidherbe. Pourtant peuplé de 1 850 habitants plus que la moitié de la communauté rurale elle-même. Le village est resté dépourvu de toutes les infrastructures de base. Au 21e siècle, Sénédébou garde encore les traits d’un village historique du nom du Fort Saint Pierre qui ressemble aux ruines de Bagdad. L’observateur est allé à la découverte de ce village riche en histoire.

Peuplé uniquement de Peul et de Sarakolé, Sénédébou situé dans la nouvelle Communauté rurale de Bélé, abrite un site historique. Le Fort Saint Pierre construit par Faidherbe en 1 846. Le village, l’un des plus gros de la Communauté rurale connaît un accès difficile. A douze kilomètres au sud de la commune de Kidira, se trouve Sénédébou, un village de 2 000 âmes. L’accès au village n’est pas chose facile du fait de l’état défectueux de la route. Il faut aux chauffeurs et autres personnes qui empruntent ce tronçon s’armer de beaucoup de courage. Sur la route, nids de poule, crevasses et déviations empêchent les automobilistes de rouler rapidement. Après une dizaine de minutes de courses, le voyageur arrive au croisement et quitte la route nationale n°1 qui mène vers Dar Salam pour prendre la piste longue de près de 7 Kilomètres qui conduit à Guitta. Là encore, c’est un autre calvaire. Avec la densité de la végétation, l’enchevêtrement des branches des arbres fait qu’il est difficile d’avancer à certains endroits. A l’entrée du village, on aperçoit de loin le village de Sénédébou et juste à côté se trouve le fort Saint Pierre à un jet de pierre de la Falémé. A droite, se trouve les bâtisses du village. A Sénédébou comme dans la plupart des bourgades du Boundou, l’habitat est fait en cases au toit de chaume. Seuls quelques bâtiments en zinc et en terrasses viennent s’ajouter au décor.

Sénédébou, c’est aussi un village historique. Il a vu se dérouler des vestiges de la pénétration Française et le soutien au comptoir commercial. Tête de pont pour la conquête du vaste terroir compris entre le bassin du Sénégal et du Niger, la construction du Fort fut suivie de celle d’un chapelet d’autres ouvrages militaires dans le département.
Pour certains, le fort du nom de Saint Pierre a été construit par Faidherbe en 1 846 pour la protection d’éventuelles attaques des ennemis de Sénédébou. Pour d’autres, le fort a été construit par Faidherbe pour mieux exploiter l’or qui se trouvait le long de la Falémé.
Selon les notables du village, le 1e Almamy du Boundou a séjourné dans le fort après le départ de Faidherbe. « Le roi du Boundou El hadj Malick Sy a séjourné dans le fort Saint Pierre. Et en quittant le fort, le roi a raccompagné son hôte jusqu’à l’emplacement actuel du village. C’est après que Faidherbe lui a révélé que cet endroit est idéal pour sa famille », racontent les notables. C’est ainsi qu’El hadj Malick Sy est venu s’installer sur le lieu avec sa famille. Sega Malick et Boubou Malick Sy, qui ont succédé El hadj Malick en 1 888, y fortifiaient le fort. C’est après leur départ que le fort a été abandonné.
Selon les notables, une dizaine d’années se sont écoulées entre l’abandon du fort et la construction du village. « Lorsque la famille Sy a quitté, le fort fut inhabité jusqu’ici », poursuivent-ils.
 
Le fort Saint Pierre : Un palais de congrès des animaux en divagation
Le simple visiteur qui s’aventurerait à mettre les pieds pour une quelconque découverte de ce qui faisait la fierté des populations du Boundou, particulièrement ceux de la Communauté rurale de Bélé, est tout simplement déçu et choqué de l’état dans lequel se trouve le fort Saint Pierre.
Aujourd’hui, ce fort, jadis de forme rectangulaire, qui servait de base, ressemble aux ruines de Bagdad. Seuls les deux contours bâtis en pierres ont pu résister au temps. A l’intérieur, des arbres, des arbustes, des herbes et des animaux composés d’ânes y ont élus domicile. La dernière fois que le fort a reçu une cure de jouvence, c’était en 2001. Sénédébou accueillait un festival pour la présentation de ce monument historique. Depuis, plus rien. Selon Mamadou Keita, « le fort qui a servi de cadre à une des plus belles pages mérite d’être restauré. Ce serait vraiment dommage de perdre le fort Saint Pierre. C’est l’un des plus beaux sites historiques du pays. Toutefois, pour que la zone ne se trouve pas privée de son « joyau architectural », Mme Alice Gueguen Dacourt, s’était donnée comme mission de « tout faire » pour sauver le site.
 
 Un festival pour sortir le fort de sa torpeur
Initiée et menée par Alice Gueguen Dacourt, le village de Sénédébou a abrité pour la première fois en 2001 un festival international de folklore et de percussions. Lequel consistait à présenter le monument à la face du monde. Un rendez-vous culturel auquel avaient pris part des artistes confirmés du Sénégal et même de la sous région. Organisé à une période où tout le département de Bakel était en manque d’activités, le festival a réussi à tirer Sénédébou et son fort du long sommeil dans lequel ils s’étaient vautrés, reconnait Mamadou Keita. D’ailleurs, le succès indéniable de la manifestation ainsi que l’engouement qu’elle a suscité au sein des populations ont poussé l’initiatrice Mme Gueguen d’équiper certaines salles de classes du village, doter les ASC des maillots, ballons sur 2 ans et même la plantation des arbres qui aujourd’hui sont visibles dans tout le village. Mme Gueguen affiche un large sourire à l’évocation du déroulement « parfait » de ce festival. « Le festival a réellement permis de présenter et de mieux connaitre le fort Saint Pierre », affirme-t-elle, relevant pour la déplorer, le manque de soutien des autorités étatiques. Le fort doit bénéficier d’une cure de jouvence », souligne celle qui est appelée la dame de fer, pour qui la mission de l’Etat est de restaurer tous les patrimoines historiques qui se meurent à grand feu.
Le fort a été depuis 2003 classé sur la liste des monuments historiques par arrêté du ministre de la Culture et du Patrimoine historique classé au même titre que la tombe d’Elhadj Malick Sy à Wouro Himadou, le Fort de René Caillé ou le Cimetière des circoncis à Bakel.
Sénédébou dispose d’une une école élémentaire de 13 classes. La nuit, le village tombe dans l’obscurité malgré l’installation de panneaux solaires éparpillés dans certains endroits du village. Les habitants de ce village ne veulent qu’une chose : le désenclavement car le village est difficile d’accès surtout en période hivernale. Sénédébou possède également un poste de Santé avec un infirmier, deux matrones. Une sage femme qui pourrait seconder l’infirmier chef de poste serait la bienvenue puis que ce village polarise tant d’autres villages de la zone. « C’est très vaste pour une population de 2000 habitants », indique l’ancien PCR Samba Seydou Dembélé. Mais la population souhaite le recrutement d’une sage-femme et une ambulance pour l’évacuation des malades. Les jeunes pour leur part n’ont pas d’infrastructures de loisirs.
« Nous n’avons pas de Foyer des jeunes. Notre localité manque de tout. Nous n’avons aucun soutien. La communauté rurale rencontre d’énormes difficultés », s’indignent les jeunes.
Au point de vu hydraulique, le village a un forage malheureusement c’est un réservoir à terre. Selon l’ancien PCR, un château d’eau de 100 m3 suffirait pour permettre aux populations et le bétail d’avoir suffisamment d’eau qui nous évitera d’allumer la machine trois fois par jour.
 

 Pape Ousseynou DIALLO


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  • Bonjour,

    Revisiter notre histoire est important pour nous mais l’histoire n’est pas facile à conter surtout lorsqu’on se contente de narrations orales et celle du Boundou est encore plus difficile à raconter.

    Votre texte comporte ainsi des inexactitudes, des informations erronées.

    Malik Sy est mort en 1699. Par conséquent, Faidherbe n’a pas connu Malik Sy, le fondateur du Bundu. Mieux, Faidherbe n’a même pas pu connaître le successeur de Malik Sy, à savoir Boubou Malik qui régna de 1699 à 1715. On est donc très loin de 1846 qui est la période de règne de Sada Hammadi Aissata Maka Boubou Malik (1839-1851) qui est, comme on le voit, un arrière-petit-fils de Malik Sy Daouda, fondateur du Boundou (vers 1684).
    Pour en savoir plus sur cette période historique, il y a une jeune de Goudiry qui s’appelle Amdaou Dalo Mboup dit Yéla Mboup, surveillant au lycée de Goudiry, qui peut apporter de précieuses informations.
    Cela dit, je ne sais pas trop ce que vous entendez par "infrastructures" de base ; mais en tout cas, à ma connaissance, si un dispensaire et une école primaire en font partie, Sénoudébou ou mieux Sèno-Débou (au lieu de "Sénédébou") en disposait déjà bien avant l’indépendance du Sénégal.
    Sénoudébou, c’est vrai, est encore enclavé et cet enclavement est dû au ruisseau appelé Diâla, surtout pendant l’hivernage car le "pont" qui a été érigé se noie chaque fois qu’il y a des crues. Ces deux ou trois dernières années cependant, il y a eu quelques améliorations grâce au PUDC même s’il reste encore beaucoup à faire.
    Il serait donc intéressant de refaire un tour dans notre cher village pour mettre à jour votre reportage et en savoir davantage sur le Boundou et pourquoi pas essayer de faire un reportage historique sur les liens entre le Boundou et le Wouli (zone Tambacounda). A ce sujet, savez-vous d’où vient l’appellation Tamba ? Quelles ont été les relations historiques entre le fondateur du village de Tambacounda et ceux du Boundou ?

    Maalik Sy
    Ressortissant du Boundou

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